Expositions
RUNO B
RUNO B
9 oct. 2026 – 7 nov. 2026
RUNO B
Sous le commissariat de Luca Massimo Barbero
Runo B s'est toujours considéré comme un peintre. Pour lui, la peinture n'est pas un simple moyen, mais une manière d'observer la réalité, de comprendre le monde et d'organiser l'expérience. Qu'il travaille sur toile, sur papier ou avec la céramique, il suit toujours une même logique picturale fondamentale, permettant aux images de circuler d'un matériau à l'autre, de se recombiner et de prendre une nouvelle vie.
Sa recherche se concentre sur la condition de l'homme ordinaire. Ses œuvres naissent souvent de circonstances sociales réelles, sans pour autant les documenter ni proposer de commentaire social explicite. Ce qui l'intéresse avant tout, c'est la façon dont ces réalités transforment silencieusement le corps humain, la perception et la manière même d'exister.
Les figures présentes dans ses peintures subissent de fréquentes transformations : un livreur devient un cheval, puis une abeille ; les objets du quotidien, les animaux, la nourriture et les matériaux industriels se métamorphosent continuellement les uns en les autres.
Ayant vécu pendant de longues périodes entre la Chine et l'Europe, Runo B a développé une manière de voir façonnée par un mouvement continu. Il ne s'agit pas d'une expression de l'identité culturelle, mais plutôt d'une expérience qui l'a conduit à reconnaître que la condition humaine ne change pas fondamentalement en fonction de la nationalité ou de la culture.
Ces dernières années, la céramique a constitué le principal point d’entrée de cette recherche. Historiquement, la porcelaine a circulé à l’échelle mondiale, à la fois comme pratique artisanale et comme marchandise, portant avec elle des valeurs esthétiques, culturelles et économiques. Runo B ne cherche ni à rétablir une quelconque tradition « authentique », ni à assigner au matériau une signification culturelle figée. Il l’envisage plutôt comme un médium au sein duquel la tradition se réinvente et se rejoue constamment.
La peinture et la céramique deviennent ainsi des méthodes permettant de se traduire l'une l'autre, laissant la matérialité et le langage visuel franchir la frontière conventionnelle entre artisanat et art.
La nourriture, les animaux, les matériaux industriels, les emballages, les images populaires et les objets de consommation courante reviennent inlassablement dans son travail. Ces éléments ne fonctionnent pas comme des symboles culturels fixes ; en traversant différents contextes, ils oscillent sans cesse entre marchandise, mémoire, travail et désir.